Mot de Dr Julien, notre président

Photo: Pierre Manning /
shootstudio.ca
Une bonne et une mauvaise nouvelle pour
2013
20 février 2013
L'année 2013 commence bien pour nous tous à la Fondation Dr
Julien, à la suite d'une
Guignolée fructueuse à plusieurs niveaux. Il s'agissait de
notre 10e édition et nous comptions encore sur l'appui de la
population pour nous motiver et nous encourager à aller de l'avant
pour les enfants vulnérables. Ce fut un grand succès en termes de
soutien moral, de gâteries pour nos enfants et d'appui
financier.
En particulier, les encouragements ont fusé de toute part avec
un plein de témoignages et de gestes tous plus touchant les uns que
les autres. Plusieurs sont venus sur place, un grand nombre nous
ont écrit et presque tous nous ont pressés de continuer notre œuvre
auprès des enfants en difficulté.
Les gâteries viennent sous forme de jouets, de livres, de
vêtements neufs et de victuailles pour les familles, afin de mieux
vivre la période des fêtes, mais aussi pour se sentir accompagner
toute l'année lors d'anniversaires, d'évènements spéciaux ou
lorsque plus rien ne vas plus. Cette année fut sans contredit un
record de dons de cette nature.
Sur le plan financier, ce fut encore une autre année record avec
plus de 1 million de dollars amassés. Quelle générosité de vous
tous provenant de toutes les couches de la société et de tout
âge!
Nous nous sentons grandement privilégiés de votre appui et soyez
assurés que nous ferons de notre mieux pour servir les enfants les
plus vulnérables de nos communautés de la manière la plus équitable
possible dans un contexte de grande fraternité.
La mauvaise nouvelle concerne les enfants
d'Hochelaga-Maisonneuve qui, encore une fois, sont pris en otage
par des systèmes qui n'arrivent plus à fournir de résultats. Je
vous reviens donc avec le dossier fort délicat des écoles
insalubres du quartier qui traîne sur le dos des
enfants et qui n'a pas de solutions pour le moment, comme si leur
santé n'intéressait personne.
Depuis une bonne année, on a la certitude que les enfants et le
personnel de trois de nos écoles voisines sur la rue Adam sont
malades à cause de l'air contaminé par les moisissures, résultat
évident d'une négligence flagrante des responsables de l'entretien
des écoles au cours des années antérieures.
On se met à proposer toutes sortes de mesures visant à rassurer
les parents et la communauté, on nous jure que tout est sous
contrôle et qu'on fera le nécessaire pour corriger la situation. On
imagine même « faire l'école autrement » nous dis-t-on, dans un
centre de loisirs pendant quelques mois, le temps de bien réfléchir
à la question.
On finit par fermer et barricader les trois écoles en question
et redéployer les enfants vers des lieux plus adéquats selon les
autorités, dont des écoles secondaires.
Or, on apprend récemment qu'une de ces écoles, Louis-Riel, est
aussi insalubre que celles du départ, qu'on semble avoir minimisé
des problèmes importants d'infiltration d'eau dans cette école où
il y aurait eu plusieurs cas de gens malades. On semble vouloir
encore passer l'éponge.
À ce jour, il n'y a pas de solution annoncée, personne ne prend
partie pour les enfants. Les parents demandent simplement de
construire au moins une école salubre pour leurs enfants dans le
quartier. Ni la ministre de l'Éducation, ni le président de la
CSDM, ni les autorités civiles, ni la Santé publique ne sont prêts
à bouger ou sont en mesure de le faire.
Les enfants, eux, sont les victimes faciles. On
peut les déplacer à tout vent, on peut les laisser dans leur
misère, on peut menacer leur réussite scolaire déjà fragilisée par
plein d'autres stress toxiques. Ce ne sont finalement que des
enfants de milieux vulnérables, sans voix.
Cette mauvaise nouvelle qui touche des centaines d'enfants
laisse indifférent. Pour eux, il n'y a pas de marche hebdomadaire,
ni de lettre ouverte dans les journaux, ni de grande
mobilisation.
Aidez-nous quelqu'un s.v.p.!

Dr Gilles Julien, C.M., O.Q.
Pédiatre social
Président et Chef de la direction