Alliance Droit Santé
Depuis le début de ses interventions dans le quartier
Hochelaga-Maisonneuve - berceau de la pratique de la pédiatrie
sociale en communauté -, le Dr Gilles Julien a toujours référé sa
clientèle à des avocats qui travaillent dans un bureau de l'aide
juridique, lorsque les droits fondamentaux des enfants semblaient
être bafoués.
En décembre 2007, le modèle Alliance Droit Santé (ADS) a
été établi dans le cadre du volet « advocacy en action »
de la Fondation du Dr Julien pour bonifier les actions en pédiatrie
sociale. Pour la clientèle des centres de pédiatrie sociale, l'ADS
facilite l'accès à la justice et le respect de ses droits dans
l'esprit de la Convention relative aux droits de l'enfant, de la
Charte des droits et libertés de la personne, de la Loi sur la
protection de la jeunesse, de la Loi sur l'instruction publique, de
la Loi sur les services de santé et les services sociaux.
En offrant de communiquer directement avec un conseiller
juridique et médiateur accrédité au sein des centres de pédiatrie
sociale et en ayant la possibilité d'être dirigé sans délai vers un
réseau d'avocats du bureau de l'aide juridique de Montréal ou du
cabinet d'avocats Borden Ladner Gervais S.R.L., S.E.N.C.R.L. (BLG)
sur une base pro bono, la clientèle des centres de
pédiatrie sociale peut accéder à la justice par des services
juridiques de haute qualité. Ces services couvrent tous les
secteurs du droit touchés par les répercussions négatives des
déterminants de la santé. Il peut notamment s'agir du droit
du logement, du droit de la famille, du droit de la protection de
la jeunesse, du droit de l'immigration, du droit à l'information,
du droit de l'éducation, du droit de la santé et aux services
sociaux adaptés, du droit de l'emploi et du travail, du droit de la
personne, du droit civil.
Les services juridiques offerts par l'ADS visent à résoudre
efficacement et rapidement les différends qui mettent en jeu le
respect des droits fondamentaux de l'enfant. À la suite d'une
référence par l'adjointe clinique du centre de pédiatrie sociale,
le conseiller juridique recueille les faits, évalue les éléments de
preuve, informe le client de ses droits et lui propose des
solutions selon les objectifs qu'il souhaite atteindre. Le
conseiller peut effectuer des recherches sur des questions d'ordre
juridique et rédiger des avis juridiques afin de guider le client
dans ses démarches pour assurer la protection de ses droits. Il
reste également en contact avec l'équipe de pédiatrie sociale, peut
mener des négociations et agir en tant que médiateur entre deux ou
plusieurs parties. Les méthodes utilisées privilégient la
collaboration entre les parties, comme la négociation et la
médiation.
La médiation comprend le Cercle de
l'enfant, un modèle en processus
d'élaboration sur trois ans avec la collaboration de plusieurs
partenaires, dont les enfants et les parents. Ce projet a pour
objectif de mobiliser les membres des réseaux familial et social de
l'enfant et de faciliter la création d'un partenariat, fondé sur un
lien de confiance entre ces réseaux pour mieux respecter les
besoins et les intérêts de l'enfant, conformément à ses droits.
Cette mobilisation permet de prévenir la négligence,les abus ainsi
que la criminalité infanto-juvénile. Si le client, y compris
l'enfant, doit être représenté devant les instances judiciaires
pour faire respecter l'exercice d'un droit, le conseiller juridique
de l'ADS le réfère aux services de l'aide juridique, à condition
qu'il réponde aux critères d'admissibilité. Jusqu'en 2008, les
clients qui n'étaient pas admissibles à l'aide juridique devaient
abandonner l'exercice de leurs droitsou faire appel à un avocat de
pratique privée, qu'ils devaient alors rémunérer.
Depuis l'instauration d'un partenariat avec le cabinet d'avocats
BLG, en mars 2008, le dossier qui est refusé par les services de
l'aide juridique peut être transmis à leur équipe.Après examen, le
dossier de nature litigieuse est alors attribué à un avocat, qui en
assure le suivi. La négociation d'une entente à l'amiable est
toujours privilégiée et, dans les cas appropriés, la conciliation
judiciaire est recommandée.
Afin de contribuer activement à la mise en œuvre de la
Convention relative aux droits de l'enfant, l'ADS élabore
également, en partenariat avec la clientèle des centres de
pédiatrie sociale et les ressources du milieu, des outils servant à
mobiliser l'enfant, sa famille et sa communauté autour du respect
des droits fondamentaux des enfants. L'un de ces outils de
mobilisation est le Garage à
musique.
Le Garage à musique
sera un projet pilote du centre de pédiatrie sociale Assistance
d'enfants en difficulté du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Il
offrira, dès l'automne 2010, aux filles comme aux garçons qui
vivent des difficultés ou qui s'engagent sur une trajectoire de vie
difficile, de criminalité ou d'exclusion, une solution nettement
plus intéressante que la drogue et la délinquance : joindre un
band de garage au lieu d'un gang de rue! Ce milieu
créateur et accessible en tout temps leur permettra de s'épanouir,
grâce à l'enseignement de la musique de la plus haute qualité
possible, à l'instar du Système national des orchestres d'enfants
et de jeunes du Venezuela. Ils seront accompagnés sur le plan
scolaire par des tuteurs qualifiés, en vertu d'un suivi en
pédiatrie sociale. En préconisant la pratique collective de la
musique de tout genre, le Garage à musique
agira comme un agent mobilisateur pour l'équité sociale. Il
instaurera un partenariat entre les jeunes, leur famille, leur
communauté et les organismes existants voués au développement des
compétences personnelles, pédagogiques et artistiques des
jeunes.
Il encouragera la participation démocratique au développement
harmonieux de la société.
« Si la musique nous est si chère, c'est qu'elle est la
parole la plus profonde de l'âme. » R. Rolland
