Pourquoi s'impliquer?
Selon Ève Christian, co-fondatrice de la Guignolée du Dr
Julien

Petite, j'ai été gâtée par la vie et surtout par mes parents et
mon entourage.
J'ai pu en donner autant à mes enfants. En plus de ne jamais
manquer de nourriture ou de vêtements, ils pratiquent plusieurs
activités: sport, musique, danse. Des pièces de théâtre, des
concerts de musique, des parties de hockey professionnel et des
spectacles de danse, ils en voient, plus qu'à leur tour.
C'est peut-être pour toutes ces raisons que la cause du Dr
Julien me touche tant. La première fois que j'ai rencontré Gilles
Julien, que j'ai visité l'AED, son centre dans le quartier
Hochelaga-Maisonneuve, j'ai vu des locaux bien organisés et remplis
d'objets pour occuper positivement des enfants, bien sûr, mais
aussi, des gens généreux, affairés autour d'enfants souriants. Des
enfants qui n'ont pas du tout des vêtements griffés ni un IPod aux
oreilles, mais des enfants qui semblaient heureux, qui s'amusaient.
Comme si les problèmes qu'ils avaient en eux et autour d'eux
s'étaient évanouis pour quelques moments.
J'ai appris à connaître cette branche de la médecine appelée
"pédiatrie sociale". Sa priorité : soutenir les jeunes et leur
famille, aider les enfants à avoir une vie agréable. Être là pour
les aider lorsqu'ils sont dans le besoin, et ce, à plusieurs
niveaux: médical, bien sûr, mais aussi juridique, scolaire,
académique ainsi que dans leurs loisirs.
Je me suis impliquée auprès d'eux en fondant, avec une amie,
Caroline Lafrance, une petite guignolée, celle devenue aujourd'hui
" La Guignolée du Dr Julien ". Au moins une demi-année de
préparation et plusieurs dizaines de personnes, pour la plupart des
bénévoles, sont maintenant nécessaires au bon fonctionnement de
cette Guignolée, qui avait débuté avec moins de cinq personnes, en
2003. Une fois cette journée de guignolée terminée, nous sommes
tous vidés, gelés, courbaturés, mais tellement heureux d'avoir
travaillé unis dans le même but: amasser des fonds pour illuminer
d'un sourire des visages d'enfants. Ils ont droit à une vie de
jeunes, sans problème, sans grand souci et ont le devoir de
s'amuser et de rire... Avant d'arriver dans le monde des grands qui
est si souvent rempli de contradictions et d'épreuves. Mais de
grâce, laissons-les grandir dans le bonheur, il n'y a rien de mieux
pour s'outiller dans la vie.
Ève Christian