Après la séparation forcée, la cruauté mentale!

[Lu dans La Presse le 25 juin 2018 : « Là où les accolades sont interdites »]

Non content de séparer de force les 2 300 enfants migrants d’avec leurs parents, voilà maintenant que dans les fameux centres d’accueil du sud du Texas, on les empêche de se consoler entre eux et on interdit aux gardiens toute marque d’attention à leurs égards et cela, même entre frères et soeurs. Autrement dit, on les condamne à l’isolement, au désespoir, au rejet et à des traumatismes constants en tout début de leur vie.

La « bonne nouvelle », c’est que ces centres d’accueil seraient les plus grands employeurs du sud-ouest du Texas et qu’ils rehaussent grandement l’économie locale. Ce sont maintenant des milliers d’enfants qui y séjournent, et ces centres ne cessent de croître. L’étape suivante sera-t-elle de les transformer en écoles résidentielles comme on en a connues au Canada, avec les conséquences que l’on connaît?

Les États-Unis d’Amérique, ce grand pays influent qui n’a jamais ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant, donnent actuellement le ton à un changement sociétal qui permettra maintenant à tous les extrémistes de la planète du même acabit de se lancer dans l’abus ouvert des enfants et pire, d’y entraîner leurs partisans.

Ce qui frappe l’imaginaire, c’est cette banalisation des grandes forces qui soutiennent une société en santé, soit plus particulièrement le respect des enfants, la sécurité essentielle qu’on leur procure, notre capacité de les consoler et l’empathie que requiert tout humain pour vivre en société.

Ce qui rassure un peu, c’est ce grand mouvement de protestation qui voit le jour un peu partout dans le monde, y compris aux États-Unis, mais sera-t-il suffisant et assez persistant pour contrer toutes ces violences faites aux enfants?

Gilles Julien
Pédiatre social
Président-directeur général
Fondation du Dr Julien